Le Glorieux Combattant

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Le Glorieux Combattant

Message  Hlodwig le Dim 26 Juil - 3:16

Nom : Fils de Ronan
Prénom : Richard
Surnom : Hlodwig
Âge : 28 ans
Sexe : Masculin
Race : Humain

Chapitre 1 : Randor, Richard et Draner.

Le soleil n'était pas encore levé, pas même ne s'annonçait la fade grisaille précédant l'aube, qu'un homme arpentait déjà les couloirs du palais encore endormi. Il avait toujours été un lève-tôt, mais pas à ce point, à moins qu'il n'y ait une raison précise à son réveil. Ce jour-là, la raison était simple, il avait une mission à accomplir, assez loin à l'intérieur des terres, et il devait partir tôt s'il voulait espérer atteindre la ville de Sordem avant la nuit tombée. Cela ne l'enchantait pas, il avait déjà effectué des missions plus enthousiasmantes, mais cela faisait partie du travail, et il n'avait pas vraiment le choix. Et puis une longue chevauchée à bride abattue à travers la campagne de Norheim lui ferait du bien, ainsi qu'à son fougueux étalon au pelage noir : Coureur-de-l'Ombre. Il n'avait pas eu le temps de le sortir de son écurie depuis plusieurs jours et il devait piaffer d'impatience dans son box, énervé d'être resté enfermé si longtemps. Coureur-de-l'Ombre était une monture d'une qualité exceptionnelle, même selon les critères de l'Ordre. Seul Foudre-Brune, l'étalon bai du chef de l'Ordre, surpassait Coureur-de-l'Ombre, et pas de beaucoup. Malgré l'objet de sa mission, peu attrayant, cet homme était heureux d'avoir à y aller, car ainsi il pouvait retrouver son cheval après une absence de plusieurs jours. Lui et sa monture partageaient une complicité rare entre un humain et un animal, et pouvaient presque se comprendre mieux que s'ils se parlaient. Lorsque Coureur-de-l'Ombre galopait à perdre haleine à travers la plaine, son cavalier la survolant comme porté par les airs, chacun ressentait le même enthousiasme, le même plaisir de ces sensations incomparables, la joie extatique de la vitesse et de la liberté.

Il arpentait un couloir peu éclairé qui menait à la cour des écuries. En passant près d'une torchère isolée, la tache de lumière révéla ses traits. C'était un homme grand et musclé dont les long cheveux bruns foncé étaient retenus en arrière par un lacet de cuir. Il portait des vêtements ordinaires, des chausses et une tunique aux tons unis de brun ou de vert sombre, quelques fils de métal doré ornant le col, et taillés dans un tissus robuste, bien que confortable et de belle coupe, ses bottes de cuir montant à mi-mollets. Mais cette tenue banale était surmontée d’une armure moyenne, chose peu commune dans le royaume du Nord, constituée de plusieurs pièces d’acier robustes qui se chevauchaient en partie pour permettre une bonne liberté de mouvement tout en protégeant l'ensemble du corps. Ses yeux étaient du même bleu que le ciel de midi et contrastaient avec le reste de son visage qui semblait dur. Il était une image même de la robustesse et de la détermination. Une cape complétait sa tenue, une cape bien particulière, dont les couleurs semblaient changer selon ses mouvements et la lumière, se fondant dans le paysage, donnant parfois l'illusion que son corps disparaissait brièvement, ne laissant que sa tête flotter dans les airs. Cette cape était une pièce plus que rare en ces terres, en même ailleurs. Il n'avait pas ménagé ses efforts pour l'obtenir, bien qu'au fond, il ne s'y attendait pas vraiment.

La première fois qu'il avait vu cette cape, c'était sur le dos d'un vagabond alors qu'il n'avait encore que huit ans. C'était un homme impressionnant, plus grand et plus musclé qu'il ne devait le devenir, à la chevelure grisonnante, avec un visage qui semblait taillé dans la pierre. Cet homme s'était présenté à la ferme de ses parents comme étant un voyageur, et cherchant un repas et un toit pour la nuit. La première chose qui avait attiré le regard du jeune garçon qu'il était, ce n'était pas l'homme en lui-même mais les deux épées qui pendaient de chaque côté de ses hanches. Il était né dans une campagne reculée, où il était très rare de voir des guerriers, et où une épée était un objet peu commun, alors voir un homme en arborer deux avait de quoi l'impressionner, à cet âge. Il s'était dit sur le coup que ces deux armes devaient bien l'alourdir et être gênantes pour se déplacer, et pourtant, cet homme était impressionnant en cela qu'il les portait comme si c'était naturel, comme si elles ne pesaient rien et faisaient partie intégrante de lui. C'était un souvenir très lointain, dans le temps comme dans l'espace. Car il n'était pas un natif de Northeim, il était né et avait grandit dans l'Empire du Sud, séparé de Northeim par des étendues marécageuses où fondrières et sables mouvants assurent qu'aucune armée ne puisse traverser. C'était un fils de fermier, raison pour laquelle il n'avait pas ne nom de famille, et ses parents l'avaient appelé Richard. Ce prénom était à présent un lointain souvenir que tout le monde avait oublié à part lui.

Ce voyageur si singulier s'était donc présenté à la ferme à la recherche d'un repas et d'un toit pour la nuit, proposant de travailler pour les payer. Le père de Richard, toujours généreux, lui avait accordé l'un et l'autre sans rien demander en retour. C'était un temps lointain où la générosité était encore possible, un temps oublié lui aussi. Une fois à table devant un bol de bon ragout chaud, cet homme se présenta sous le nom de Randor, mais resta très vague, voire même évasif sur sa profession. Il passa toute la soirée à conter d'incroyables récits de voyages et aventures extraordinaires. Il expliqua son étrange accent par son origine, natif d'une île perdue dans la Mer Infinie, très loin à l'ouest. Richard et son tout jeune frère Draner, alors âgé de même pas trois ans, écoutèrent ces histoires avec des étoiles dans les yeux et lorsqu'il repartit le lendemain, les deux enfants lui firent de grands signes de la main alors qu'il s'éloignait sur la route poussiéreuse sans se retourner.

Trois jours plus tard, il se présenta de nouveau à la porte de la ferme, sale et fatigué. Il demanda encore une fois le gîte et le couvert, mais semblait moins serein qu'à sa première visite. Quelques heures seulement après son arrivée, des soldats de l'Empire arrivèrent à leur tour à la ferme, annonçant, criant, qu'il étaient à la recherche d'un ignoble meurtrier qui avait tué plusieurs gardes dans la ville voisine. La mère de Richard était à ce moment en train de bavarder avec Randor dans la cuisine. Son père devait certainement avoir deviné, en recoupant les évènements, qu'il parlaient du voyageur. Seulement, au lieu de le leur livrer, il se tint droit devant les gardes et leur annonça tout net qu'il n'y avait personne dans cette ferme mis à part sa famille. Richard et Draner se tenaient entre leur père et la porte donnant sur la cuisine. Le capitaine des soldat flanqua un coup sur le crâne de leur père pour l'écarter de son passage et les deux enfants s'écartèrent précipitamment pour ne pas subir le même sort, Richard tirant son frère après lui. Leur mère avait dut cacher Randor quelque part car quelques longues minutes plus tard, après avoir fouillé toute la maison et cassé une bonne moitié de ce qui s'y trouvait, les soldats repartirent bredouilles.

Après l'incident, Randor leur avoua qu'il était en fait un maître ès armes et qu'il avait tué cinq gardes impériaux qui tentaient d'abuser d'une jeune fille même pas encore complètement adulte. Il les remercia chaleureusement de l'avoir caché et insista pour les dédommager de ce que les gardes avaient détruit dans leur hargne. Après quelques minutes de délibération pendant lesquelles Randor ne céda pas d'un pouce, le père de Richard finit par accepter que celui-ci travaille à la ferme jusqu'à ce que sa dette soit remboursée. C'est cette décision qui changea le cours de leur vie à tous.

Durant ses heures libres, Randor enseigna à Richard les Arts Guerriers. Randor prit goût à cette vie durant les quelques jours qu'il passa à rembourser sa dette, et lorsque celle-ci fut réglée au bout de cinq semaines de travail, il décida de rester et de travailler à la ferme, si les parents n'y voyaient pas d'objection. Ceux-ci acceptèrent avec joie. Peut-être sa décision était-elle motivée en partie par le fait qu'il voyait en Richard un grand talent pour ce qu'il lui enseignait, et que son jeune frère, qui ne faisait que les copier avec un bâton à la main, montrait les prémices des mêmes dispositions. Il leur enseigna donc les arts guerriers, l'entraînement de Draner débutant deux ans plus tard dès son cinquième anniversaire, ce qui ne comprenait pas uniquement le maniement des armes, mais également le combat à mains nues, face à un ennemis armé ou non, la traque, la filature, la survie, dans un sens comme dans l'autre, et les soins aux blessures, mais aussi et surtout toute une philosophie qui accompagnait ce savoir faire. Ce mode de pensée, cet art de vivre, pouvait se résumer par son dogme principal, les Sept Vertus du Guerrier : Droiture, Courage, Bienveillance, Respect, Honnêteté, Honneur, Loyauté.

En grandissant, les deux garçons passaient de plus en plus de temps chaque jour à s'entraîner et de moins en moins à travailler à la ferme, et bien loin de leur en faire reproche, leurs parents étaient fiers d'eux. Ils auraient beaucoup plus d'avenir avec ce savoir qu'en tant que fermiers. La spécialité de Randor, qu'il transmit aux deux enfant, était l'art du combat à deux épées, une technique qu'il avait apprise, d'après ce qu'il leur disait, d'une très ancienne école des arts guerriers, dont l'histoire remontait à plus de dix-sept siècles. Il en existait plusieurs variantes, d’après le vieil homme, et chacun des deux frères appris la discipline fondatrice de l’école à deux épées, celle qui était à la base de toutes les autre : le style des lames jumelles.

Chose étrange, pas une seule fois durant cette période Randor ne dégaina ses épées. Elles étaient rangées dans deux fourreaux semblables, joliment ouvragés avec de légères incrustations d'or et d'argent, l'une était légèrement recourbée, comme l'indiquait la forme du fourreau et son pommeau était serti d'une aigue-marine taillée, transparente comme de l'eau, qui captait la lumière en reflets bleutés ou vert-pâle. L'autre épée était droite et légèrement plus longue, et son pommeau était sertit d'une autre pierre : un grenat rouge scintillant comme un cristal de sang. Les deux épées, même dans leur fourreau, étaient bien différentes. La courbée avait une garde ronde, tandis que l'autre avait deux quillons courbés vers l'avant. Les poignées étaient également de forme bien différente. En fait, de toute sa vie, Richard ne vit qu'une seule fois Randor dégainer l'une de ces épées : le jours de son douzième anniversaire. Ce jour-là, il détacha de sa ceinture l'une des épées, la courbée, et la lui tendit, lui expliquant que cette épée lui appartenait pour une journée. Richard la pris avec un mélange d'enthousiasme et de respect solennel. Il promena ses mains le long du fourreau et sur la garde de l'arme, son frère le regardant avec envie. Puis il serra la garde dans son poing et sortit cinq bons pouces de lame de son fourreau. Après l'avoir admirée quelques secondes, il finit par la dégainer complètement, avec des gestes prudents, pour ne blesser personne par accident. Peut-être était-ce la raison pour laquelle Randor avait attendu si longtemps, pour être sûr qu'il ne ferait pas une bêtise et ne risquait pas d'embrocher quelqu'un par accident. La première chose qui le frappa, c'était le poids de l'arme, beaucoup plus lourde que leurs armes d'entraînement en bois. La seconde, c'était la particularité de l'épée : en plus de sa forme courbée, elle n'était affûtée que d'un seul côté, une gouttière courant de la garde arrondie jusqu'à la pointe, le tranchant était d'une couleur différente du reste de la lame, plus terne, la limite floue entre les deux couleurs formant comme des petites vaguelettes le long de la lame. Richard en était émerveillé, et de ce jour, il décida qu'il aurait un jour sa propre épée, semblable à celle-ci. C'était une arme rare, dans ces contrées, et plus tard, Randor lui expliqua le pourquoi de la différence de couleur sur la lame, et aussi que cette arme avait été forgée sur son île natale à des centaines de miles de la côte de l'Empire du Sud, et que c'était une arme redoutable pour qui savait la manier correctement.


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Re: Le Glorieux Combattant

Message  Hlodwig le Dim 26 Juil - 3:18

Chapitre 2 : Hlodwig

Les années passèrent et les deux garçon continuèrent à apprendre, devenant toujours plus forts. Richard se croyait toujours trop inexpérimenté pour être considéré comme un véritable manieur d'épée, mais il fini par se rendre compte, lors d’un incident grave, qu'il avait tort. Un jour de printemps, alors qu'il avait quatorze ans, lui et son frère, qui avait alors huit ans, furent envoyés à la ville la plus proche pour faire le plein de provisions diverses. Richard était déjà grand pour son âge, presque autant qu'un adulte, et déjà aussi musclé et robuste, sinon même davantage, grâce à l’entraînement rigoureux que lui imposait Randor. Lorsqu'ils arrivèrent en ville, ce fut un nouvel émerveillement, tant de bâtiments, tant de gens ! Après quelques pérégrinations parmi la foule, ils finirent par trouver la boutique qu'il cherchaient et firent leurs emplettes, avec enthousiasme, partageant la joie de cette journée avec la complicité qui caractérisait des frères. Les ennuis commencèrent lorsqu'ils sortirent. Tout à leur excitation, Richard qui discutait avec son frère ne regardait pas devant lui et heurta un garde impérial. Il s'excusa platement et ramassa son panier qui lui avait échappé des mains mais cela ne suffit visiblement pas au garde qui commença à s'énerver et à exiger qu'il se mette à genoux. C'était visiblement un homme imbu de sa personne et qui avait l'habitude de chercher la bagarre, à en juger par ses épaules larges et carrées et son nez cassé à de multiples reprises. Alors que Richard s'excusait encore en essayant de calmer l'individu, son jeune frère intervint, lançant plein de confiance et de conviction qu'il s'était déjà assez excusé comme ça pour une faute aussi légère et qu'eux feraient mieux de passer leur chemin s'il ne voulaient pas d'ennuis. Rouge de fureur, le garde leva sa pique pour en asséner de grands coups à Richard comme à Draner. Par un réflexe acquis lors de leurs entrainements, Richard bloqua l'arme et contre-attaqua en lui flanquant un coup de poing bien sentit dans l'estomac. Le soldat lâcha sa pique qui resta dans les main du jeune garçon et recula d'un pas, les mains crispées sur son ventre. Le jeune garçon ne s'attendait pas à ce que ce coup ait un tel impact sur son adversaire alors que son maître y était presque insensible et que lui-même aurait put en encaisser deux ou trois avant d'avoir vraiment mal. Soudain, Draner qui se tenait derrière lui s'avança et balança un grand coup de pied dans le genou du soldat, ce qui fit un bruit de craquement écœurant tandis que l'homme s'effondrait en criant de douleur. Richard regarda son frère éberlué, car ce coup était inutilement cruel, le soldat ne pourrait plus marcher avant longtemps et boîterait pour le restant de ses jours. Mais il n'eut pas le temps de faire plus car les autres soldats passèrent à l'attaque. Les deux frères se débarrassèrent ainsi de quatre hommes de plus, à mains nues, se contentant de les assommer ou de leur faire assez mal pour qu'ils ne puissent plus se battre. Le sixième et dernier garde impérial, en voyant le carnage, tourna les talons et s'enfuit. Alors Draner s'empara d'une pique et la brandit comme un javelot. Richard se précipita vers lui pour l'arrêter, lui criant de ne pas faire ça, mais trop tard, le fer de l'arme transperça le dos du garde en plein milieu, dépassant de sa poitrine comme il tombait mort. Heureusement, personne en ville ne savait qui étaient les deux enfant et leurs parents ne furent jamais inquiétés, mais les deux garçons ne pouvaient plus retourner au bourg pour ne pas se faire prendre – et pendre. Mais après cela, Richard ne put plus jamais regarder son frère comme autrefois. Le garçon était soudain devenu comme une autre personne à ses yeux depuis qu’il avait tué ce garde, et le grand frère qu’il était en ressentait une sensation de perte. Il ne comprrenait pas comment son frère, un si adorable garçon, avait put faire ça sans même hésiter.

Lorsque Richard eut seize ans, au cours de la cérémonie festive célébrant son passage à l'âge adulte, Randor se leva et annonça qu'il était également prêt à accomplir le rite qui marquerait la fin de son apprentissage des arts guerriers. Cela consistait en un voyage, uniquement le maître et l'élève, partant à travers le pays pour y passer des épreuves imposées par la vie. Durant le voyage, toutes les décisions revenaient à l'élève et le maître ne devait en aucun intervenir pour aider son élève, seulement pour dresser quelques obstacles. Cette annonce n'était pas une très bonne nouvelle pour Draner, car l'absence de son maître ferait une coupure dans sa propre formation. Cependant, c'était l'usage, et il s'y plia, sachant qu'il passerait bientôt par là, lui aussi. Quelques jours suffirent à terminer les préparatifs, et un matin, Randor et Richard partirent côte à côte sur la route allant vers l'est. Ni l'un ni l'autre ne se retourna pour regarder en arrière. La première étape du voyage se passa sans accrocs et Randor proposa de le faire le plus vite possible, c'est à dire en courant aussi souvent que leur endurance le leur permettait. Ainsi, après une dizaine de jours de course, ils arrivèrent à la grande ville la plus proche en un temps record pour quelqu'un voyageant à pied. Bien qu'équipé pour toute arme de son épée d'entraînement en bois, Richard se sentait assez sûr de lui et des résultats de son apprentissage pour marcher dans la rue sereinement, sans craindre de ne pouvoir se défendre en cas de besoin. Et puis son maître lui avait souvent répété que même avec des armes en bois, il pouvait sans trop de mal tuer ses opposants s'il n'y prenait pas garde, avertissement qu'il distribuait souvent aux deux frères lorsqu'ils s'entraînaient ensembles et rentraient tous deux roués de coups.

Il n'y eut qu'un bref incident à la taverne le soir de leur arrivée. Un ivrogne s'était approché d'eux, réclamant qu'ils lui paient une chope. Richard s'apprêtait à énoncer diplomatiquement que ce n'était pas dans leurs moyens car leurs économies étaient nécessaires pour leur voyage, mais Randor le pris de vitesse et provoqua l'ivrogne, lui jetant des répliques cinglantes. Richard en était étonné, car une telle attitude ne ressemblait pas du tout à son maître ni à ce qu'il lui avait appris concernant l’honneur du guerrier et son code de conduite. Ce n'est que lorsque l'ivrogne sortit de la taverne, se tenant le nez en sang, qu'il compris que son maître était là pour créer des ennuis que son élève avait pour tâche d'aplanir. Ce qui n'augurait pas du meilleur pour la suite du voyage. Et comme il le craignait, les difficultés allèrent bon train à partir de là, tandis qu'il arpentaient le pays, tantôt combattant une bande de brigand attirés par la bourse que Randor portait bien en évidence, gonflée de cailloux qui plus est, tantôt fuyant une armée de gardes impériaux qui n'avaient pas apprécié un trait d'esprit un peu cinglant. Très vite, ils se retrouvèrent sans le sous, et durent trouver divers moyens de se nourrir, ou plutôt, Richard dut trouver divers moyens de les nourrir tous les deux. Parfois il chassait, ou travaillait une journée dans une ferme, ou encore accomplissait une mission grâce à ses talents de guerrier. Aussi pénible que Randor puisse le rendre, ce voyage n'en était pourtant pas moins rafraichissant pour Richard, qui découvrait des choses nouvelles à chaque pas qu'il faisait dans l'Empire. Et souvent, ils riaient à gorge déployée de leur exploits, après avoir semé une bande de chiens lancés à leurs trousses pour avoir volé dans un poulailler ou racontant des histoire hilarantes le soir, autour du feu. Toutes ces péripéties renforcèrent encore considérablement le lien de maître à élève.

Quelques trois mois plus tard, ils revinrent enfin à la ferme familiale, et Richard avait changé de nom. Richard était son nom de fermier, mais il était devenu un guerrier accomplit que Randor traitait maintenant en égal, ou presque. Il portait maintenant son nom de guerrier, attribué par son maître pour marquer la fin de son apprentissage : Hlodwig.

Ces souvenirs lointains, remontant soudain à la conscience d'Hlodwig, lui tirèrent un élan de nostalgie. C'était un temps où tout était plus calme, et surtout plus simple, un temps où il était heureux, où il avait encore une famille. A présent, alors qu'il arpentait les couloirs du palais, c'était là son nouveau foyer, sa nouvelle famille. Il en avait fait du chemin depuis lors, et malgré sa bonne situation au sein de l’Ordre de Sleipnil, malgré sa vie qui le satisfaisait, il avait encore quelques regrets : les êtres chers qu'il avait perdus, qu'il n'avait pas su protéger. Il était tout de même devenu un Sleipnil d’Elite, le rang le plus élevé, une place très convoitée qui garantissait une vie confortable, voire luxueuse, à condition de la mériter lors des missions du clan. Mais malgré tout, il avait un terrible sentiment de perte qu’il ne parvenait pas à combler. Ses parents étaient morts depuis de nombreuses années et c’était tout comme pour son petit frère, même s’il ne savait pas ce qui lui était arrivé, il n’avait donc plus de famille en ce monde et ce manque ne pourrait jamais être comblé.

En dépit de son tout nouveau statut de praticien des arts guerriers, Hlodwig eut tout de même du mal à rompre avec sa vie de fermier, et il continua à travailler à la ferme de ses parents, sans toutefois négliger les entraînements quotidiens, tout en constatant les progrès de son petit frère qui avait repris sa formation sous la tutelle de Randor. Draner manifestait un talent tout aussi exceptionnel que celui de son grand frère et il rattraperait très vite ce dernier s’il continuait sur cette lancée. Hlodwig restait aussi humble que le paysan qu’il avait toujours été, et même si ses parents l’appelaient par son nom de guerrier avec la fierté de ceux qui voient leur enfant réussir dans la vie, il aurait préféré qu’eux, au moins, continuent à l’appeler Richard. Mais au fur et à mesure que le temps passait, il allait de plus en plus souvent à la ville pour monnayer ses talents de guerrier, ce qui était loin d’être facile car beaucoup des travaux qu’on lui proposait enfreignaient les sept vertu du guerrier, ce qui l’obligeait à les refuser. Le temps allant, sa réputation gagna la ville voisine et la vie de guerrier accomplit, comportant en plus des entraînements quotidiens comme lorsqu’il était disciple, l’éloignait des travaux de ferme. Hlodwig utilisait une partie de ce qu’il gagnait pour engager des travailleurs journaliers qui puissent aider ses parents à la ferme, Draner passant tout son temps à l’entraînement. Le temps s’écoula presque paisiblement, mais Hlodwig ne vit pas que son frère avait déjà commencé à bien changer.

Six années plus tard, Draner partit à son tour en voyage, accompagné de Randor, afin de gagner le respect de son maître et un nom de guerrier. Hlodwig les regarda partir au matin du jour des seize ans de Draner, Randor disparaissant par moments dans le paysage à cause de sa cape aux couleurs changeantes si particulière qui était devenue aussi caractéristique du vieil homme que son nez ou ses yeux. Durant l’absence de Draner, Hlodwig continua à mener sa vie et à engager des ouvriers pour la ferme. Son frère reviendrait dans quelques mois avec un nom de guerrier, et tout le monde pourrait s’en réjouir et fêter dignement l’événement.

Seulement rien n’allait jamais pour le mieux dans ce monde et c’était déjà le cas à cette époque-là. Quelques semaines après le départ de Draner, alors qu’Hlodwig était sur le chemin du retour après une mission à la ville voisine, il aperçut un panache de fumée qui montait de l’horizon, une colonne trop noire et trop grosse pour n’être qu’un simple feu. Secoué d’une crainte instinctive, il se pressa et courut sur une lieue et demi pour rejoindre la ferme au plus vite, mais il était déjà trop tard lorsqu’il avait vu la fumée. La ferme n’était plus que ruines noircies encore rougeoyantes et il n’y avait aucune trace de ses parents. Hlodwig fouilla les décombres pendant des heures, soulevant des poutres de charbon, se frayant un chemin dans la cendre, se brûlant plus d'une fois sur des braises encore chaudes, et lorsqu’il trouva enfin ce qu’il cherchait, espérant ne jamais le trouver, ce fut un choc qui aurait put ébranler la terre autour de lui. Ses parents étaient un symbole de robustesse et d’opiniâtreté, ils n’abandonnaient jamais et se sortaient toujours des passes difficiles. Sa mère avait combattu une maladie que les médecins voyaient déjà l’emporter dans la tombe, mais elle avait survécu, son père avait travaillé d’arrache-pied pour nourrir sa famille et il était aussi robuste et solidement ancré à sa vie que le vieux chêne dans la cour de la ferme. Et pourtant, malgré tout ça, Hlodwig avait retrouvé leurs cadavres calcinés dans les décombres de la ferme, noirci comme du charbon et ridiculement distordus. Alors il pleura, il exprima son chagrin au ciel vide et versa les dernières larmes de sa vie.


Dernière édition par Hlodwig le Mer 30 Mai - 17:27, édité 4 fois

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Message  Hlodwig le Dim 26 Juil - 3:19

Chapitre 3 : MetalFox

Autour de la ferme, la terre était marquée de beaucoup d’empruntes, des bottes renforcées de métal et des chevaux ferré. C’était l’œuvre de la garde impériale. Déterminé à découvrir pourquoi ils avaient commis ce crime et à le leur faire payer, Hlodwig repartit vers la ville. Et n’eut même pas à aller jusque là car il croisa une patrouille à dix minutes de la ferme, qui se dirigeait vers les ruines. Les gardes arrêtèrent leurs chevaux à son niveau et l’encerclèrent.

- Hé toi ! Tu viens d’où comme ça ?
- De la ferme, plus loin sur la route, répondit le guerrier froidement. Ou plutôt ce qu’il en reste.
- Tu sais qui vivait là ?
- Oui.

Aussitôt, une dizaine de lances se braquèrent sur lui, interdisant tout mouvement inconsidéré.

- Cette ferme abritait un criminel, un traître à l’empire ! Déclara le garde avec chaleur. Je t’arrête et si tu est innocent, tu sera relâché. Dans le cas contraire, tu sera jugé et exécuté en place publique.
- Un criminel ? C’est impossible, c’était la ferme de mes parents, s’il y avait eut un criminel, je l’aurais su. Et vous, vous les avez tués !

Il avait dit la dernière phrase avec un cri de colère. Aussitôt, le capitaine des gardes ordonna aux autres de s’emparer du jeune homme. Celui-ci dégaina son épée et en tua deux avant même qu’il ne soient descendus de leurs montures. S’engagea ensuite une lutte acharnée, un jeune guerrier contre une dizaine de gardes impériaux, une épée de médiocre qualité face à une dizaine de lances. Mais grâce à son entraînement de plusieurs années et à tout ce que lui avait enseigné Randor, il parvint à s’en sortir vivant tout en restant le seul debout. Dans un recoin de son esprit, il entendit une petite voix soufflant que cela aurait été beaucoup plus vite s'il avait eu une deuxième épée. Mais il étouffa cette voix. Pas une fois encore il n'avait eut l'occasion d'utiliser le style des armes jumelles en dehors des entraînements, il n'en avait jamais eu besoin.

Lorsque la tension et la poussière retombèrent, Hlodwig se tenait debout au milieu d’une dizaine de cadavres ensanglantés, son épée pendant au bout de son bras. Il se sentait sale, immonde. Il avait enfreint le code du guerrier que Randor avait mit des années à lui apprendre : il avait succombé à la colère et avait tué par vengeance, entachant son honneur et ses main de sang. Lui qui s’était attendu à entamer une longue quête pour arriver enfin à trouver les meurtriers de ses parents, celle-ci avait duré moins d’une heure. Plus tard, il saurait que c’était heureux pour lui, mais sur le moment, il avait une terrible sensation de vacuité, sa vie venait de perdre un de ses piliers fondamentaux : ses parents et le foyer où il avait grandit. Son regard tomba encore une fois sur la lame de son épée, achetée durant son voyage initiatique, sa lame rougie du sang de la haine et de la colère, une lame dont il était si fier et qu’il trouvait honteuse à présent. Il pris son épée à deux mains et la brandit haut avant de l’abattre avec toute la force dont il était capable et la fracasser sur un rocher. L’impact violent se répercuta dans les os de ses bras jusqu’à ses épaules mais la lame se brisa en plusieurs morceaux qu’il laissa là, dans la poussière. Avant même de s’en rendre compte, il était revenu aux ruines calcinées de la ferme et s’était assis sur une souche dans la lumière orangée du crépuscule, anéanti. Il passa la nuit sur place, dormant à la belle étoile à proximité des restes calcinés de ce qui fut son foyer, couché à même le sol. Il dormit peu, et très mal, mais au matin il ne ressentait pas la fatigue, la peine oblitérant tout le reste.

Les deux jours suivants furent consacrés entièrement à retourner les décombres de la ferme pour y retrouver les corps de ses parents. Ce fut un travail pénible et salissant auquel il s’attela avec des gestes lents comme une machine, ayant à peine conscience de ce qui l’entourait. Le temps s’écoula sans Hlodwig, le laissant derrière pour continuer sa route tandis que le jeune guerrier soulevait des poutres carbonisées et écartait la cendre. Il finit par trouver les deux corps l’un près de l’autre, ou ce qu’il restait, morceaux de charbon carbonisés, s’effritant sous les doigts. Juste un bras, un pied, un morceau de corps qui ne donnait pas l’impression d’avoir été un jour un être vivant. Il ne restait rien de cette ferme, pas la moindre trace de vie. Au crépuscule du second jour, Hlodwig était agenouillé devant deux monticules de terre fraîchement retournée et se recueillait sur les tombes de ses parents, une dernière larme glissant silencieusement sur sa joue noire de suie. Il ne l’entendit même pas approcher, l’homme qui allait achever de détruire ce qui avait été sa vie jusqu’à présent, et il ne se rendit compte de sa présence que lorsqu’il parla dans son dos.

- J'avais aperçu de la fumée au loin... J'avais espéré que cela ne se termine pas ainsi...
Hlodwig se releva d'un bond et se retourna pour voir son petit frère. Draner était enfin revenu de son voyage à travers l’empire, mais pour trouver la ferme brûlée et ses parents morts. Après un moment d’hésitation incrédule, il pris son jeune frère dans ses bras.
- Draner, nos parents... ils sont... ce sont les gardes... Il pensaient qu'il y avait un criminel ici... je ne sais pas pourquoi. Mais...

Lorsqu'il relâcha son étreinte, et qu'il regarda enfin son frère, il fut coupé dans sa phrase. Draner avait des fers aux poignets et il arborait les deux épées de Randor. Le maître des art guerriers brillait d’ailleurs par son absence aux côté de Draner.
- Draner. Où est Randor ? Que t'est-il arrivé ?

Le jeune homme fixait la tombe de ses parents avec un regard inexplicable.

- Je me nomme MetalFox maintenant. Draner est mort. Et Randor est parti. Nos deux formations étant arrivées a leur terme, il a dit qu'il était temps pour nous de continuer notre vie de guerrier seul, car la leçon qui nous manquais, nous devions l'apprendre seul. Ce sont les gardes qui ont fait ça ?
- Oui, les gardes impériaux. Partit ? Mais que me racontes-tu, il était censé t'accompagner jusqu'à la fin du voyage pour que celui-ci ait une valeur, et ne te donner ton nom de guerrier qu'à votre retour. Et pourquoi as-tu ses épées ? Il y tiens plus qu'à sa propre vie, pourquoi te les aurait-il données ? Draner mort ? Non, tu ne dois pas dire ça, même si tu es devenu un guerrier, tu ne dois pas renier qui tu es, qui tu étais avant de le devenir. Cela reviendrait à les renier eux.

Il désigna les tombes. MetalFox détacha finalement ses yeux des pierres tombales pour fixer son frère.

- Il voulait retrouver sa vie d'antan. Même s’il s'est plut à la ferme, il voulait retrouver l'excitation de son ancienne vie. Il m'a laissé ses épées car, d'après ses propres dires, nous étions ceux qui les méritaient le plus. Donc il m'a demandé de t'en donner une. Celle que tu voudra.

Il tendit les épées vers son frère.

- Mais ne t'y habitue pas, je suis presque sur qu'il s'agit encore d'une mauvaise plaisanterie de notre maître qui voulait juste voir si j'arriverai a rentrer seul, et avec le poids d'un vrai attirail sur le dos. Je pense qu'il m'a fait cette cérémonie pour rien, mais qu'il m'a suivi et qu'il va bientôt revenir.

Le regard de Hlodwig passait sans cesse des épées à Draner et de Draner aux épées, incrédule. Il n’arrivait pas à croire ce qu’il entendait, ce qu’il avait sous les yeux. Et son frère… Draner semblait changé, il parlait d’un ton froid, et ne semblait même pas affecté par la mort de leurs parents. Le guerrier avait l’impression d’être en face d’un étranger, mais il secoua la tête avec énergie.

- Cela n'a pas de sens ! Dit-il à mi-voix comme pour lui-même. Il n'aurait pas gâché tout ton voyage initiatique pour un caprice pareil, il aurait au moins attendu que tu obtiennes ton nom de guerrier dans les règles. Et ses épées. Il y tient tellement, j'ai toujours cru qu'il ne les cèderait qu'à sa mort.

Hlodwig hésita un long moment en regardant les deux épées et finit par tendre la main vers celle que son maître lui avait laissé regarder le jour de ses douze ans, l’épée légèrement courbée, ornée d’une aigue-marine incrustée au pommeau. Il la prit et l’examina attentivement, comme s’il n’arrivait toujours pas à croire ce qu’il avait en main. Et effectivement, tout ceci lui semblait surréaliste.

- Je te dis, peut-être qu'il a voulu me faire croire ça, mais qu'il va revenir pour terminer la cérémonie. Mais en voyant cette scène, il veut peut-être nous laisser faire le deuil de nos parents avant...
- Peut-être... Bon sang ! Pourquoi s'attaquer à une ferme au milieu de nulle part ? Pourquoi être ven...

Hlodwig fixa dans les yeux de son frère d'un regard intense, un regard inquisiteur teinté de peur.

- Qu'as-tu dis en arrivant ? Que tu avait espéré que ça ne se termine pas ainsi. Qu'est-ce qui n'aurait pas dû se terminer ainsi ? Qu'est-ce que tu as à voir avec tout ça ?
- Rien... Juste en voyant la fumée, je me suis fait des histoires... Et c'était bien ce que je pensais, c'est tout. Tu as parlé d'un criminel tout a l'heure ? C'est quoi cette histoire ?
- Je ne sais pas, ils ne m'en ont pas dit plus, et dès qu'il ont sut que j'habitais la ferme, ils ont voulu m'arrêter. Je... j'ai cédé à la colère et au désir de vengeance. J'ai souillé mon épée de haine.
- Tu as fait ce qu'il fallait, tu n'as aucun remords a avoir. Si on nous a enseigné a nous battre, c'est pour que nous nous battions. Surtout dans ces moments la.
- Non, Draner ! Surtout pas dans ces moments-là ! Un sabre animé de colère et de haine est un sabre meurtrier, un sabre criminel ! As-tu déjà oublié les sept vertu du guerrier ? La Droiture n'admet pas de tuer par vengeance. Tu ne dois pas l'oublier, car c'est justement ce qui fait la différence entre un guerrier et un bandit. Le maître nous l'a assez souvent répété.
- Je n'ai pas parlé de vengeance, mais de défense. Tu aurais préféré les laisser tuer nos parents et bruler la ferme sans rien dire ? "Merci messires, rentrez bien, au revoir" ?

Draner désigna les épées de Randor.

- Nous sommes des guerriers, nous nous sommes entraînés pendant des années. Nous avons une puissance que la plupart des adversaires n'ont pas. Ne la laisse pas être bridée par sept dogmes absurdes alors que c'est l'honneur de notre famille qui est taché.
- Des dogmes absurdes ?! Mais ils constituent le fondement même des arts guerriers ! Sans les sept vertus, ils ne seraient plus des arts guerriers mais... de la simple violence, de la barbarie ! Que t'est-il arrivé pendant ce voyage ? Je ne reconnais plus mon petit frère.
- Je te l'ai dit, ton petit frère est mort, mais tu n'as pas voulu l'entendre. C'est dommage, ça t'éviterai bien des incompréhensions. Ce voyage initiatique m'a appris que les vrais guerriers ne sont pas des pantins dont les ficelles sont tirées par sept bafouillages sans aucun sens profond. Les maîtres guerriers ont juste créé ces brides pour se réserver le loisir d'être les plus puissants. Et ça marche. Tant que tu t'accrocheras a eux, cela t'empêchera de t'envoler vers la vraie puissance. Les faibles sont prisonniers des lois et les forts utilisent ces faiblesses. Ainsi va le monde et c'est ce qu'a a appris Ran...

Il marqua un temps, puis leva son poignet droit pour mettre ses menottes en évidence.

- Ce qu'ont appris les Remparts du Palais Impérial a leur dépend.

Hlodwig recula d'un pas et en resta abasourdit, comme s'il venait de prendre un coup dans le ventre. Il fixait son frère avec des yeux ronds, emplis de crainte de voir ce qu'il était devenu. Qui était ce jeune homme qui se tenait devant lui ? Il n’en savait rien, mais ce n’était pas son frère. Les remparts ? Qu’est-ce que ça signifiait ?

- Qu'as-tu fait, MetalFox ?
- Rien d'inconsidéré, rassure toi. Mais, tu as pu le voir, durant le voyage initiatique, notre cher Maître s'est amusé a se mettre dans des situations pires les unes que les autres... Et, a force de le défendre, elles m'ont conduites en prison. J'ai juste du m'évader par mes propres moyens.
- Tu mens ! Il aurait fallu que tu ais toute la garnison de la capitale sur le dos pour atterrir en prison et Randor ne ferait jamais rien d'assez grave pour mettre son disciple dans une situation pareille. Dis-moi la vérité !
- Tu préfères refuser de croire ton frère plutôt que de t'imaginer que Randor ait fait une erreur de trop ? Tu me déçois Richard...
- Randor est un guerrier expérimenté qui a traversé plusieurs guerres, il ne commet par d'erreurs. Et par-dessus tout, tu viens de le dire toi-même, tu n’es plus mon frère.

Dire une telle chose à voix haute lui retourna le cœur, comme si l’énoncer la rendait plus réelle, et il du fournir un effort colossal pour empêcher ses genoux de se dérober sous lui. Suite à ce tragique épisode, les deux frères étaient partit chacun dans une direction différente, chacun emportant l’une des épées de leur maître, chacun gardant l’un des derniers vestiges d’un grand homme dont la fin fut précipitée par corruption d’un être autrefois innocent.


Dernière édition par Hlodwig le Mer 30 Mai - 17:28, édité 5 fois

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Re: Le Glorieux Combattant

Message  Hlodwig le Jeu 29 Oct - 19:54

Chapitre 4 : Rikk

Ce fut la dernière fois que Richard vit celui qui avait été son jeune frère. Avec le recul des ans, il n’était pas difficile de voir que c’est à cette époque que sa vie semblât prendre un virage à 90 degrés. Plus rien ne le retenant dans l’empire, Richard avait pris la direction de l’ouest, et arrivé dans un port, avait embarqué sur le premier navire en partance, se présentant sous son nom de guerrier, et officiant comme tel. Il travailla plusieurs années sous le commandement de différents capitaines, ce qui lui permit d’apprendre naturellement la plupart des ficelles de la navigation en haute mer. Mais en dehors de son tout premier voyage, il n’allait jamais au hasard, il cherchait quelque chose. Lorsqu’il eut amassé assez d’argent, il engagea un capitaine pour l’emmener loin à l’ouest, et rechercher cette île dont lui avait un jour parlé Randor, d’où étaient issus les arts guerriers dont il avait hérité. Et après plusieurs mois de voyage, il la trouva enfin. Une côte accidentée, surmontée d’une falaise au pied de laquelle s’étendait une plage de galets. Cette île répondait à la description que lui en avait fait Randor : surplombée d’une grande montagne fendue d’une gigantesque crevasse verticale évoquant la forme de la pupille des félins. Sur cette île, Hlodwig découvrit un peuple austère et renfermé, n’appréciant guère les étrangers. Il ne se laissa cependant pas rebuter et passa plusieurs mois à explorer l’île d’un bout à l’autre, en vain. Jamais il ne trouva quoi que ce soit qui ressemble à une école des arts guerriers, ni n’entendit parler d’un quelconque guerrier du coin susceptible de transmettre son enseignement. Le refus de coopérer des habitants n’aidait en rien sa quête. A plusieurs reprises, il fut confronté à une bande ou une autre qui essayèrent toutes de le bouter de force hors de l’île, ou de le tuer, sous prétexte que personne n’appréciait qu’un étranger vienne fourrer son nez par ici, encore moins lorsqu’il s’agissait de chercher quelque chose. Cela cependant le confortait dans sa certitude : il était au bon endroit, et que les autochtones essaient de l’empêcher de trouver ce qu’il cherchait indiquait assez clairement qu’il n’était pas loin. Cela s’ajoutant au fait que les belliqueux qu’il avait dut affronter, toujours des jeunes, utilisaient un style de combat qui se rapprochait du sien, et qu’ils étaient bien entraînés. Il ne se sortait de ces combats toujours que d’extrême justesse, parfois même en étant obligé de fuir.

L’un de ces adversaires notamment, était incontestablement plus habile que lui dans le maniement de l’épée et prenait le dessus sur Hlodwig à chaque fois. Il était toujours accompagné d’une bande de jeunes, mais contrairement aux autres petits chefs qu’Hlodwig affrontait, celui-ci le combattait toujours seul à seul. Après plusieurs semaines passées en vaines recherches et en multiples combats aussi pénibles qu’inutiles, il n’était pas loin de baisser les bras et de remonter sur son navire lorsque, alors qu’il marchait sur un chemin peu fréquenté à l’extérieur de la seule ville de l’île, il fut intercepté par une bande de jeunes qui l’encerclèrent. Il sut qui était leur chef avant même de le voir : celui qui l’avait combattu à plusieurs reprises et vaincu à chaque fois. Hlodwig se prépara à un nouveau combat. Cependant, le jeune homme n’attaqua pas immédiatement l’étranger. Pour la première fois, il lui parla.

« Quel est ton nom, étranger ? S’enquit le fier jeune homme en le pointant de son épée.
- La politesse veut que l’on se présente avant d’exiger le nom d’autrui. » Rétorqua Hlodwig.

Alors le jeune homme avança tranquillement vers le guerrier, un pas après l’autre, comme s’il avait tout son temps, tandis que celui-ci dégainait son sabre, prêt à combattre. Le jeune homme attaqua le premier, faisant preuve d’une vivacité impressionnante et d’une technique remarquable, comme les fois précédentes. Il parait les assauts d’Hlodwig et contre-attaquait avec beaucoup de précision. Mais le guerrier commençait à connaître son adversaire, et tous ces combats qu’il avait mené depuis des semaines lui avaient permit de devenir plus fort. Parant une attaque qui venait de côté, il créa une ouverture dans la garde de son adversaire et se faufila à l’intérieur. Celui-ci se tourna vivement pour réduire les dommages et parvint à éviter une blessure trop grave, ne récoltant qu’une bonne coupure, mais il fut projeté en arrière par la charge qui accompagnait l’attaque.

Comme s’il le voyait sous un jour nouveau, il regarda l’étranger avec une étrange lueur dans les yeux.

« Tu es fort, étranger, un adversaire de valeur, et tu portes une épée forgée sur cette île. Je te réitère ma question : quel est ton nom ?
- Hlodwig est le nom que je porte. » Répondit-il finalement.

Comme s’il l’avait gravement insulté, le jeune homme écarquilla les yeux, puis il dégaina une seconde épée et chargea soudainement. S’engagea alors le combat le plus difficile qu’Hlodwig eut à mener depuis qu’il avait pris l’épée. Son adversaire feintait, parait, contre-attaquait, chargeait en combinant habillement technique pure et force brute. Sa seconde lame lui offrait un avantage indéniable mais avec une telle technique et de tels mouvements, il n’en aurait même pas eu besoin pour avoir le dessus. Hlodwig n’avait jamais vu une chose pareille, c’était comme si ce jeune guerrier dansait avec ses lames et ne faisait réellement plus qu’un avec elles. Même Randor n’avait jamais montré un tel niveau d’excellence, ou du moins, jamais à ses élèves. Le guerrier parait et esquivait comme il pouvait, mais il subissait une nouvelle blessure à chaque assaut et son adversaire étouffait toute possibilité de contre-attaque. Alors qu’il avait cru, un instant plus tôt, pouvoir résister au jeune homme, celui-ci dévoilait soudain une force incroyable à laquelle il ne pouvait faire face. Le guerrier fut presque immédiatement débordé, le corps couvert de multiples blessures douloureuses. Le jeune homme ne ralentit pas, il se montrait sans pitié. Au bout du rouleau, Hlodwig sentit la lame de son adversaire lui transpercer l’épaule, juste au dessus de la clavicule, et ripper sur l’os avec un grincement écœurant. Avec un cri de douleur, il lâcha son épée et tomba à genoux devant cet adversaire qui le dominait complètement. Alors le jeune homme repris la parole, semblant faire un effort pour contenir sa colère.

« Tu as rencontré Randor, n’est-ce pas ? C’est lui qui t’as appris les arts guerriers de notre île. »

Surpris, Hlodwig regarda un moment le jeune homme avant de répondre par l’affirmative. Alors un des jeunes de la bande parla avec fureur, comme s’il ne pouvait contenir ses paroles.

« Randor est un hérétique ! Il a trahi notre peuple et nos traditions… »

Le jeune homme leva la main pour intimer le silence et l’autre se tut aussitôt.

« Randor est né et a grandit sur cette île, et comme il te l’a raconté, ce qui explique ta présence ici, il y a appris les arts guerriers que nous ont transmis nos ancêtres. Mais il n’a jamais été aussi bon que les autres disciples, il n’était pas assez appliqué et s’interrogeait trop sur ce qu’il y avait à l’extérieur. Il n’avait pas le droit de transmettre notre héritage, et moins encore à des étrangers à notre île. Tu es la preuve qu’il a violé la plus ancienne de nos lois. Il estimait que notre art était inutile confiné dans cette île, et qu’il fallait le répandre dans le monde pour qu’il serve à quelque chose. »

Le jeune homme s’approcha et appuya légèrement la pointe de son épée sur le cou du guerrier à genoux.

« Penses-tu comme lui, étranger ? Penses-tu aussi que nos techniques ancestrales devraient être livrées au monde et servir les dessins de multitudes ? »

Hlodwig ne s’attendait pas du tout à une telle question, et un moment fila dans le silence avant qu’il réponde.

« Il y a quelques années, oui, je pensais que ces arts guerriers qu’il nous avait enseigné pouvaient rendre d’immenses services à beaucoup de gens. Mais lorsqu’il est partit, Randor m’a appris une dernière leçon : ces arts sont aussi dangereux et ne sont pas à mettre entre toutes les mains. »

Hlodwig baissa la tête. En disant cela, il pensait en particulier à son frère qui, aveuglé par le pouvoir et la corruption de ce monde, avait commit beaucoup de meurtres.

« Cette dernière leçon lui a coûté la vie, et elle m’a coûté mon frère et la vie de mes parents.
- Bonne réponse, étranger. » Dit le jeune homme en rengainant son épée, à la surprise de ses compagnons qui l’exhortèrent à le tuer, pour réparer l’erreur de Randor.
« C’est mon vaincu, leur répondit-il, et j’en fais ce que je veux. Selon la coutume de cette île, étranger, ta vie est mienne, et tu me dois obéissance jusqu’à ce que j’estime que tu l’as regagnée, ou jusqu'à la mort. »

Hlodwig n’appréciait pas d’être traité ainsi et cette coutume ridicule ne annonçait rien de bon, mais c’était cela ou la mort. Plus jeune que lui d’à peine quelques années, son adversaire l’avait vaincu comme s’il ne s’était pas défendu et pouvait le tuer à tout moment. Mais quand estimerait-il qu’il avait regagné sa vie ? Que devrait-il faire pour cela ? Pour ce qu’il en savait, il pouvait très bien rester esclave jusqu’à la fin de ses jours. Cependant, ne voyant pas de meilleure alternative pour le moment, il n’eut d’autre choix que d’accepter.

« Je me nomme Rikk, et je suis l’héritier du Maître des Arts Guerriers. Quel est ton nom étranger ? Ton véritable nom. Hlodwig est le nom de l’un des plus grands guerriers de notre histoire et je refuse de le concéder à un étranger, qui plus est un amateur qui ne m’arrive même pas à la cheville. »

Après un instant d’hésitation, le guerrier décida qu’il valait mieux ne pas le contrarier.

« Richard. Je m’appelle Richard. »

Après cette escarmouche qui avait failli coûter la vie au guerrier, Rikk l’avait pris en sympathie et avait proposé de l’aider à devenir plus fort encore, et de lui apprendre des techniques que Randor n’avait jamais réussi à maîtriser. Hlodwig, ou plutôt Richard, venait enfin de trouver ce qu’il cherchait. L’entraînement fut plus rude que tout ce qu’il avait connu auparavant, et il crut bien y laisser sa peau plus d’une fois. Les jours passèrent, puis les semaines, et l’entraînement se faisait toujours de plus en plus rude et exigeant. Et bien qu’il était presque surpris chaque soir d’avoir survécu jusqu’au coucher du soleil, bien qu’il savait que tout recommencerait le lendemain, il ne renoncerait pas. Parfois, il se demandait si Rikk ne l’avait pas abusé pour s’offrir le plaisir de torturer sa victime jour après jour, mais malgré tout, il ne renoncerait pas. Il était venu pour ça et endurerait les épreuves qu’on lui ferait subir.

« Comment a fait Randor ? S’étonna-t-il un jour. Ton corps n’a pas été entraîné comme celui d’un guerrier, c’est celui d’un… fermier ! C’est bien la preuve de son incompétence, il t’a donné un outil mais il ne t’a pas préparé à l’utiliser correctement. Connaître la technique ne fait pas tout, il faut que ton corps soit entraîné, préparé afin de pouvoir sublimer cette technique. Cet entraînement de base du corps est celui que reçoivent habituellement des jeunes qui n’ont même pas la moitié de ton âge. »

Après plusieurs semaines passées à souffrir le martyr pour la soi-disant fortification du corps, Rikk estima que son « vaincu » était prêt à apprendre un nouveau style. En fait il n’était pas réellement prêt, avait-il expliqué, car il fallait plusieurs années pour l’être, mais il l’était suffisamment pour ne pas se tuer lui-même et pour supporter la suite. Les semaines qui suivirent ne furent pas plus faciles, bien que très différentes. La douleur physique qui accompagnait Richard lorsqu’il se couchait avait maintenant laissé place à un épuisement sans commune mesure avec tout le reste. Complètement vidé de ses forces, il était généralement même trop épuisé pour avaler un bol de riz ou une tranche de viande pourtant très tendre. Ne vivant plus que pour la lame et rien d'autre, Richard appris le style dit de l'Ergot.

Près de deux ans après avoir débarqué sur cette île des confins de l’océan, Richard avait reçu l’enseignement et l’entraînement de Rikk et avait été libéré de ses obligations envers lui. Il savait que jamais il n’atteindrait le niveau incroyable du jeune héritier, mais ce qu’il avait acquis n’était tout de même pas rien, surtout sur le continent où on imaginait pas qu’il puisse exister d’aussi puissants guerriers. Richard se préparait à repartir, son navire prêt à appareiller, lorsqu’il entendit la voix de Rikk sur la plage.

« Ne te fais pas tuer trop vite étranger, ou je viendrais te chercher en enfer pour te faire subir un entrainement pire que la mort ! Adieu, Hlodwig ! »

Accoudé à la rambarde du navire, le guerrier regarda surpris son jeune maître des arts guerriers qui se tenait debout sur la plage. Il l’avait appelé par son nom de guerrier, celui que lui avait donné Randor. Hlodwig fut heureux de l'honneur qui lui était ainsi fait. C’était pour lui un cadeau plus précieux encore que cette cape si particulière aux couleurs changeantes empaquetée dans ses bagages, la même que portait Randor, un vêtement presque commun sur cette île, mais qui était unique sur le continent.

Plusieurs semaines plus tard, son navire ayant été poussé vers le nord par une tempête, Hlodwig accosta au Royaume du Nord : Northeim. Cet endroit en valant bien un autre, il finit avec le temps par s’y installer et s’y faire une certaine réputation dans la ville portuaire où il avait élu domicile. Plus tard, il partit pour la capitale et y demeura quelques temps pour y trouver du travail. Peu de temps après son arrivée dans la grande cité, où il enchainait les travaux aussi divers variés qu’ils étaient ingrats et mal payés, il entendit des rumeurs qui circulaient dans les rues et les tavernes, ou sur le port. Des rumeurs à propos d’un combattant d’exception qui maniait ses deux épées jumelles comme un guerrier du Walhalla disait-on, ou un démon des enfers, car c’était un homme sans fois ni loi qui pouvait tuer et torturer sans le moindre scrupule. Cela secoua Hlodwig profondément car d’après sa description, ce guerrier démoniaque ne pouvait être que son frère. Ainsi, celui qui avait pris le nom de Metalfox était lui aussi venu à Northeim. Peut-être aurait-il un jour l’occasion de le retrouver et de le ramener dans le droit chemin.

Mais cet espoir devait être vie te brisé car quelques temps plus tard, une nouvelle rumeur parvint jusqu’à lui. Son jeune frère aurait été tué par le Croc du Nidhogg, les malfrats lui étaient tombés dessus à cent contre un. Depuis cet évènement, Hlodwig vouait une haine farouche au Croc et pouvait se montrer aussi impitoyable qu’un vent de mort. Déjà lors de son arrivée à la capitale, il n’était plus ce jeune homme idéaliste qu’il avait été autrefois, mais les années l’avaient encore assombrit. Malgré son sens de l’honneur et de la justice, qu’il avait conservés intacts, il pouvait se montrer beaucoup plus radical dans ses choix et ses actes. Il pouvait être aussi généreux qu’impitoyable, aussi miséricordieux que vengeur.

C’est à cette époque qu’il rejoignit l’Ordre de Sleipnil dont il grimpa très vite les échelons, pas seulement grâce à ses exceptionnels talents de combattant mais aussi pour son grand sens de la justice et des responsabilités, ses valeurs morales qui rehaussaient l’honneur du clan, son calme et sa détermination dans ce qu’il entreprenait. Il était vite devenu un Sleipnil d’Elite renommé dans l’ancienne cité de Pradell et cette vie lui convenait. Mais même avec ce confort, cet argent et cette renommée, il n’oublierait jamais qui il était et d’où il venait. Même dans sa nouvelle vie, il n’oublierait jamais qu’au fond, il était toujours Richard, fils de Ronan.

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