Under the Skies Above

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Under the Skies Above

Message  Hlodwig le Jeu 28 Mai - 1:57

Même le vent du large qui courrait sur la plane surface de la mer sans aucun obstacle pour le ralentir ne parvenait pas à chasser la puanteur qui envahissait les rues de Brilja. Il faut dire que le soleil de plomb qui écrasait tout le pays sous sa chaleur impitoyable depuis des semaines ne faisait qu’encourager le délicat fumet de la marée charriant poissons morts et ordures jetées à la mer, les effluves d’excréments montant des rues qui servaient d’égout, les odeurs de sueur abondante et de mauvaise ale répandue sur le sol des bouibouis du coin, ajoutées de l’ambiance olfactive des quelques écuries, porcheries, abattoirs, laiteries et autres établissements odorants qui parsemaient la cité.

Brilja n’était vraiment pas une ville pour qui avait le nez sensible. Et quelque soit la façon dont on la regardait, ce n’était vraiment pas une belle ville, construite presque entièrement en bois, la plupart des baraques étaient branlantes à cause de l’humidité qui faisait très vite pourrir les planches et les poutres. Aucune rue n’était pavée dans Brilja et on avait pratiquement aucune chance de s’y déplacer sans avoir de la boue jusqu’aux mollets, raison pour laquelle la plupart des habitants se chaussaient de bottes hautes. Toutefois, les plus grandes artères étaient longées de trottoirs en bois sur pilotis où l’on avait une chance sur deux de se tordre une cheville à cause des planches pourries qui cédaient sous le pied.

L’activité habituelle animait la cité de vie sous ce chaud soleil de printemps qui annonçait déjà un été horriblement chaud et sec, voleurs et coupe-jarrets slalomant discrètement entre dockers et prostituées, commerçants et négociants marchant à l’écart de tout ce petit monde dans les rues les plus larges et dégagées. Et le vent du large qui apportait une douce odeur marine rafraichissante vite étouffée par les relents de la cité poussait dans la baie du port la Dague-des Mers qui approcha à une allure mesurée. Les matelots lancèrent des cordes que des dockers attachèrent à des piquets larges comme des troncs d’arbres et le navire fut amarré à l’une des pontons de bois qui constituaient le port. A la poupe de la Dague-des Mers, le capitaine Nantoca se tenait derrière l’épaule de son second qui tenait la barre pour mener leur bâtiment à bon port. Le navire et son capitaine se ressemblaient, le premier était de belle taille, à trois mâts, mais suffisamment élancé pour atteindre une vitesse impressionnante par bon vent, il fendait joyeusement les flots, se riant des intempéries et difficultés qui pouvaient se dresser sur sa route, allant toujours de l’avant et restant en mouvement. Son capitaine était un homme plus grand que la plupart de ses congénères, doté d’une musculature impressionnante sculpté par des années de travail en mer, il était toutefois assez mince et de déplaçait avec une souplesse indiquant que sa force brute n’était pas son seul atout. Son visage buriné par le soleil était orné d’une courte barbe aussi rousse que sa crinière attachée à l’arrière de son crâne par un lacet de cuir et caractérisé par une paire d’yeux bleu rieurs qui le faisaient paraître bon-enfant. C’était un homme à l’optimisme surdéveloppé justifié par une chance insolente. Sa tenue se composait des chausses bleues marine retenues par une ceinture de cuir usé à la taille et d’une chemise d’un rouge sombre, plutôt sale et débraillée, le tout complété par la falchion pendant à sa hanche droite et la poignée d’un cimeterre dépassant par-dessus son épaule droite, accroché dans son dos par un baudrier de cuir dont la sangle barrait sa poitrine.

En arrivant dans le port, le capitaine Nantoca inspira un grand coup et emplit ses poumons de l’odeur nauséabonde de la marrée et des déchets de la ville, il rentrait au port. Beaucoup de capitaines ne venaient à Brilja que parce qu’ils n’avait pas le choix, c’était le seul endroit où les pirates pouvaient écouler le fruit de leurs rapines sans risquer d’avoir la garde royale sur dos et où les contrebandiers pouvaient faire halte et négocier dans une relative sécurité. C’était le repère de tous des pirates, voleurs, et malfrats en tous genres, et Nantoca adorait celle ville. Tous ce monde si diversifié n’obéissant à aucune loi instaurée par le royaume, ces coupe-bourses à cause de qui il fallait surveiller le contenu de ses poches, ces négociant dont la réputation conseillait de compter ses doigt après leur avoir serré la main, ses prostituées aguichant le passant de diverses manières, tout ce monde de gens disparates si différents les uns des autres rendaient la ville si vivante. Presque tous les gens du royaume voyaient cette ville comme un coupe-gorge mal famé où la vie ne valait pas grand chose et où on pouvait la perdre à chaque coin de rue pour obtenir une piécette, les faveurs d’une fille, ou simplement pour un regard de travers. Mais aux yeux de Nantoca, elle ressemblait à une place des fêtes un jour de festival, où l’effervescence et la diversité ne faisait qu’augmenter l’impression qu’il était vivant. Le seul endroit en dehors de son navire qu’il considérait comme son foyer.

Lorsque la Dague-des-Mers fut enfin amarrée, le capitaine Nantoca se mit à hurler avec jovialité à l’attention de ses marins qui terminaient leurs tâches sur le pont ou dans le gréement.

- Très bien, bande de fils de chiennes, vous pouvez aller prendre votre paie auprès de Willou et aller la flamber dans les tavernes, les tripots et les bordels de ce trou à rats qu’on appelle une ville. Tous à terre, je ne veux plus vous voir sur mon navire ! Sauf les trois petits malins qui sont de corvée de garde jusqu’à demain soir.

Les marins saluèrent leur capitaine par des rugissements de joie et se dirigèrent vers l’écoutille arrière pour en remonter quelques minutes plus tard, certains avec un baluchon sur l’épaule, mais tous avec un air ravi. Ils avaient de quoi, Nantoca avait la réputation de payer généreusement ses hommes, s’ils travaillaient bien. Le second du capitaine, un grand échalas aux yeux de fouine répondant au sobriquet de Grand-Sec, resterait à bord avec les trois hommes de garde pendant que Nantoca descendrait à terre négocier leur butin. Ils avaient fait une très bonne prise avec ce navire revenant des îles du Sud chargé de rouleaux de soie, d’huiles parfumées, de denrées exotiques et autres marchandises qui se vendaient à bon prix. Quatre hommes pouvait sembler bien peu pour garder un tel trésor, mais Grand-Sec était un très bon escrimeur et les trois autres se démerdaient plutôt bien aussi.

Lorsque tout l’équipage eut évacué, Nantoca descendit dans sa cabine récupérer l’inventaire de sa cargaison et remonta sur le pont pour descendre à terre. Sur le sol immobile, Nantoca avançait de la démarche chaloupée de qui a passé le plus clair de son temps en mer, mais il avançait avec confiance, comme s’il rentrait simplement à la maison après un voyage d’affaires réussit. Les rues habituellement boueuses de Brilja étaient aujourd’hui aussi sèches que son gosier et les rafales de vent soulevaient des nuages de poussière, chose peu commune dans cette partie du monde régulièrement arrosée par les pluies orageuses sans jamais laisser à la terre le temps de sécher. Constatant cela, il se dit que ça ne pouvait pas durer, et qu’il avait bien soif, et qu’il était tenté d’aller boire une chope dans une taverne du coin. Mais le travail passait avant tout et il devait d’abord aller voir Tibor pour lui vendre son butin, aussi ne dévia-t-il pas de son chemin en passant devant une taverne joyeusement bruyante, ou devant un établissement attirant pour ses filles peu vêtues à l’entrée qui l’incitaient à venir les voir, et continua sa route vers la maison du marchand.
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